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Témoignage
Je me présente Annie et mon époux Stéphane. Nous sommes un couple...
...Malheureusement, tout ne s'est pas passé comme nous l'avions planifié...

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Témoignage

Je me présente Annie et mon époux Stéphane. Nous sommes un couple depuis novembre 1993. Nous nous sommes mariés en août 1997 avec objectif de fonder une famille. Malheureusement, tout ne s'est pas passé comme nous l'avions planifié.

Après un an d'essais infructueux, nous sommes allés consulter un spécialiste. Le diagnostic: pour ma part, j'ai les trompes qui se bouchent et pour mon époux, ses spermatozoïdes sont moins forts et moins nombreux que la moyenne des hommes. Donc, nous deux ensemble, les chances de grossesse sont faibles.

Nous nous sommes donc dirigés vers les centres jeunesses pour aller vers l'adoption québécoise. Nous nous disions qu'il y avait tant d'enfants maltraités et abandonnés que l'on pourrait en adopter. Les centres jeunesses nous ont expliqué que la liste d'attente était très longue, que nous pouvions même aller jusqu'à dix ans d'attente. Nous avons quand même accepté, tout en nous disant que nous pouvions essayer une autre méthode en attendant.

Nous sommes donc allés dans une clinique de fertilité. Il s'agissait de l'insémination avec conjoint, donc c'était le sperme de mon époux qui était utilisé mais avec un produit rajouté, le renforcissant. À chaque essai, nous devions débourser 300$ et manquer une journée de travail. De plus, j'ai dû prendre des hormones. Au total, l'insémination nous coûtait environ 1000$ par mois. Après trois mois, nous avons dû arrêter. Avec cette somme à débourser chaque mois, nous nous étions un peu endettés. Après ces trois déceptions, nous avons décidé d'arrêter nos démarches quelques temps.

Après quelques temps, les centres jeunesses nous ont rappelé pour nous offrir de devenir banque mixte. Être banque mixte signifie recevoir un enfant comme famille d'accueil où celui-ci a une possibilité d'être adopté. Nous sommes allés à la soirée d'information et nous avons décidé d'accepter leur offre.

Cette épreuve a commencé par un questionnaire à remplir et plusieurs références à donner. Ensuite, il y a eu quatre rencontres avec une travailleuse sociale. Suite à ces rencontres, on nous a demandé de faire dresser notre Berger Allemand qui était déjà très doux, ce qui a amené des frais de 400$. Puis, on nous a demandé de mettre la chambre d'enfant sur le même étage que notre chambre. Nous avons donc dû faire quelques rénovations. Sur le questionnaire que nous avons rempli, nous avions indiqué que nous voulions un bébé agé de moins d'un an, en bonne santé physique et mentale et de préférence de race blanche. Les centres jeunesses nous ont offert deux enfants, frère et soeur, âgés de 3 et 4 ans, de nationalité salvadorienne. Nous avons d'abord hésité puisqu'ils ne respectaient pas nos critères. On nous a remis le dossier et les photos des enfants, en nous disant d'y penser. Quelques temps après, nous avons accepté leur offre et nous avons commencé les démarches pour accueillir ces enfants. Environ deux semaines plus tard, on nous convoquait au centre jeunesse pour nous annoncer que les enfants étaient chez un autre couple, que nous ne les aurions pas. Le manque de respect et d'humanisme des centres jeunesses nous ont profondément déçus et blessés.

Suite à cette expérience, nous voulions tout laisser tomber. Nous n'avions plus confiance au «système». Jusqu'à maintenant, nous avions dépensé temps, énergie et argent. Tout ça pour rien. De plus, le moral était très bas.

Quelques mois plus tard, le centre jeunesse nous a donné signe de vie pour l'adoption. Nos espoirs reprennent de l'ampleur. On nous dit que nous sommes les premiers sur la liste d'attente. Quelques semaines plus tard, on nous annonce qu'une jeune femme veut donner son bébé à naître en adoption. On nous dit que nos chances sont excellentes. La travailleuse sociale qui s'occupe du dossier nous annonce que ce sera une fille. Alors, on devient complètement fou de joie. Nous lui avons déjà choisi le prénom de Rosemary et nous magasinons pour pouvoir préparer la chambre qui va l'accueillir. Nos familles préparent, elles aussi, l'arrivée du petit ange avec nous. Nous connaissons la date prévue de la naissance de ce charmant poupon, nous sommes impatients. Nous avons téléphoné à plusieurs reprises à la travailleuse sociale pour avoir des nouvelles, mais nous parlions toujours à une boîte vocale. Jamais nous n'avions de retour d'appel. Une semaine après l'accouchement, la travailleuse sociale m'a téléphoné à mon travail pour m'annoncer que la jeune femme avait décidé de garder sa petite fille. Elle a rajouté de ne pas nous décourager car elle avait un autre dossier en vue pour nous. Elle nous téléphonerait sans faute d'ici deux semaines pour nous en donner des nouvelles. Cela fait maintenant six mois de cette annonce et nous attendons toujours son appel. Quand je téléphone, c'est encore et toujours la boîte vocale.

Après toutes ces épreuves, aussi fou que cela puisse paraître, nous voulions toujours des enfants, même s'ils n'étaient pas à nous, nous voulions des enfants dans notre maison. Nous avons donc fait la demande pour être famille d'accueil. Cette fois, nous avons eu affaire à des travailleurs sociaux sympathiques et respectueux. Contrairement à l'adoption, aucune demande spéciale (dressage, rénovations ou autres) n'a été faite. Nous sommes accrédités « famille d'accueil » de puis le 16 janvier 2005. Malheureusement, au moment ou j'écris ces lignes, nous n'avons toujours pas eu d'enfant à la maison.

Alors, nous en sommes là. En attente depuis 8 ans. Nous sommes devenus méfiants et nous perdons espoir chaque jour un peu plus. Tant de questions: Pourquoi tant d'enfants battus? Pourquoi les centres jeunesses crient partout qu'ils manquent de familles d'accueil mais ne nous envoient pas d'enfant? Pourquoi le gouvernement paie l'avortement mais ne nous donne aucune aide pour l'insémination ? Pourquoi nous ?

J'espère que cette lettre vous fera comprendre l'ampleur du problème. Ce témoignage m'était difficile à écrire mais il est encore plus dure à vivre.

Annie et Stéphane

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